Barcelone, en regardant les murs
- lamaisondiris
- il y a 3 heures
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Quelques semaines à Barcelone pour un très beau chantier de faux-bois sur un bateau privé. Le client souhaitant rester discret, pas d’images du projet.
En dehors du chantier, j’ai marché. Et forcément, avec mon métier, je regarde les villes un peu autrement : les murs, les matières, les plafonds, les patines, les détails que l’on ne remarque pas toujours au premier regard.
Barcelone, côté Gaudí
Depuis le Park Güell, Barcelone donne déjà le ton. Une architecture libre, presque fantastique, où les formes semblent avoir poussé plutôt qu’avoir été dessinées.

Un détour par Miró
Quelques décennies plus tard, Miró poursuit à sa manière cette liberté très barcelonaise : des formes simples, de la couleur et cette capacité à faire surgir quelque chose de presque enfantin et pourtant immédiatement reconnaissable.

Un jardin au plafond
À la Casa Vicens, je retrouve ce que j’aime particulièrement : quand la technique disparaît derrière l’effet. Palmiers, ciel peint, trompe-l’œil… le jardin semble entrer dans la maison.

L’art du sgraffito
Le sgraffito est partout dans le Barcelone moderniste. Pourtant, la technique est bien plus ancienne : héritée notamment de la Renaissance italienne, elle consiste à superposer des enduits de couleurs différentes puis à les gratter pour faire apparaître le dessin. À Barcelone, les architectes modernistes vont s’en emparer avec une liberté extraordinaire.

Même le mobilier raconte l’architecture
À la Casa Amatller, la chambre de Teresa est un petit bijou. Lumineuse, colorée, ouverte sur le Passeig de Gràcia, elle montre à quel point le décor était pensé jusque dans les objets du quotidien.

Sous la mer
À l’Hotel España, changement d’atmosphère. Sirènes, poissons et vagues nous plongent dans un véritable paysage sous-marin. Ici encore, le mur n’est jamais simplement un mur.

La matière selon Gaudí
À la Casa Batlló, je me suis arrêtée sur ce stuc particulièrement bien réalisé. Des incisions, des nuances, quelques touches dorées : de près, le mur devient presque une matière précieuse. Et toujours cette présence de la mer dans les formes et les mouvements.

Et toujours, la Méditerranée
Après avoir passé tant de temps à regarder les murs, les plafonds et les détails, retour dehors. Les palmiers, la lumière et, au loin, la silhouette contemporaine du W Barcelona.

Ce que j’aime dans cette promenade, c’est que Barcelone raconte très naturellement l’histoire de son décor. À la fin du XIXᵉ siècle, le modernisme catalan fait travailler ensemble architectes, peintres, céramistes, sculpteurs et artisans. C’est sans doute ce qui donne encore aujourd’hui cette impression particulière : ici, le décor ne vient pas habiller l’architecture après coup. Il en fait partie.
Et forcément, quand on travaille soi-même avec les matières, on ne regarde plus tout à fait les murs de la même façon.



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